Comment fonctionne une pompe à chaleur dans une maison ?

Une pompe à chaleur (PAC) ne “fabrique” pas la chaleur comme une chaudière : elle la transfère. Elle capte un flux de chaleur à basse température dans l’environnement et, avec l’aide d’une énergie d’entraînement, le restitue à une température plus élevée pour chauffer le bâtiment.
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avril 8, 2025

Borrello Chauffage et Sanitaire

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Une pompe à chaleur (PAC) ne “fabrique” pas la chaleur comme une chaudière : elle la transfère. Elle capte un flux de chaleur à basse température dans l’environnement et, avec l’aide d’une énergie d’entraînement, le restitue à une température plus élevée pour chauffer le bâtiment.

1. Comment la chaleur est captée et redistribuée

Dans une maison, la PAC la plus fréquente en rénovation est la PAC air/eau. Elle prélève de la chaleur dans l’air extérieur et la restitue dans le logement en chauffant de l’eau qui circule dans des radiateurs ou un plancher chauffant. Comme la source de chaleur est l’air, le rendement varie selon la température extérieure et l’installation intègre très souvent un appoint pour couvrir les besoins quand il fait très froid.

2. Le principe technique, expliqué simplement

Le principe technique repose sur un cycle thermodynamique en circuit fermé. Un fluide frigorigène absorbe de la chaleur à basse température dans un échangeur (l’évaporateur), puis il est comprimé : sa pression et sa température augmentent. Dans le condenseur, il restitue la chaleur au circuit de chauffage, puis la détente abaisse la pression et le cycle recommence. Ce mécanisme explique pourquoi, dans de bonnes conditions, une PAC peut restituer plusieurs “parts” de chaleur avec une “part” d’électricité.

3. D’où vient réellement l’énergie produite

On entend parfois “1/3 d’électricité, 2/3 d’énergie gratuite”. C’est une image, mais elle décrit bien l’équilibre énergétique : une partie de l’énergie sert à faire fonctionner le compresseur (électricité), le reste provient de la chaleur prélevée dans l’air, le sol ou l’eau. En Suisse, les ordres de grandeur communiqués sont typiquement de 30–40 % d’électricité et 60–70 % de chaleur environnementale pour une PAC air/eau, et de 70–80 % de chaleur environnementale pour du sol/eau ou eau/eau.

4. Comment interpréter les performances (COP, SCOP)

Pour comparer les PAC, on parle souvent de COP, de SCOP ou d’efficacité énergétique saisonnière. Ces indicateurs sont utiles, mais ils ne sont pas des promesses “universelles” : ils dépendent des conditions de mesure et, surtout, des conditions réelles d’usage. Les références normalisées servent à comparer “à conditions identiques” (par exemple, l’usage de valeurs déterminées conformément à EN 14511 est cité dans les documents suisses de référence). Et, côté saisonnier, les documents techniques institutionnels rappellent que les essais s’inscrivent dans des cadres où la basse température d’eau (ordre de grandeur 35 °C) est structurante.

5. Le point clé : la température d’eau

Le point clé, dans une maison, c’est donc la température d’eau de chauffage. Plus l’eau envoyée vers les radiateurs est chaude, plus la PAC consomme et plus son rendement chute. L’ADEME rappelle qu’une PAC air/eau est conçue pour fonctionner à plus basse température qu’une chaudière, idéalement autour de 35 à 45 °C, via un réglage appelé “loi d’eau” (température de départ ajustée selon la température extérieure). Dans son retour d’expérience, l’ADEME indique qu’abaisser de 10 °C la température d’eau peut faire gagner environ 1 point de COP. La logique physique est cohérente : plus la température de chauffage est basse (à source donnée), plus l’efficacité augmente.

6. Une performance qui dépend du réglage et du suivi

Enfin, une PAC performe sur la durée quand elle est bien planifiée, bien installée, puis bien suivie. Les retours de terrain montrent qu’une part importante des installations peut être améliorée par des réglages adaptés, et qu’il faut éviter le “cyclage” (démarrages/arrêts trop fréquents) : l’ADEME donne un repère concret (pas plus d’un démarrage/arrêt par heure, sinon il faut revoir le paramétrage). En Suisse, des démarches qualité comme le PAC système-module explicitent justement l’intérêt d’une planification rigoureuse, d’une mise en service correcte et d’un contrôle ultérieur, notamment pour éviter des fonctionnements dégradés et des marches/arrêts trop fréquents. En France, le cadre réglementaire prévoit aussi un entretien périodique des systèmes thermodynamiques de 4 à 70 kW (intervalle maximal de deux ans), incluant vérification, réglage, nettoyage si nécessaire et conseils.

Ce qu’il faut retenir

Une PAC chauffe la maison en transférant de la chaleur depuis l’air (ou le sol / l’eau) vers votre circuit de chauffage. Sa performance dépend surtout de la température d’eau demandée et de la qualité de l’installation (émetteurs, hydraulique, réglages). Plus vous pouvez chauffer à basse température, plus la PAC est efficace. Une bonne régulation et un suivi régulier évitent la dérive de performance et les mauvaises surprises.

Notre manière de travailler

Nous partons d’un diagnostic global (maison, émetteurs, réseau, usages), puis nous visons la température d’eau la plus basse compatible avec votre confort. Ensuite, nous stabilisons les réglages (loi d’eau, limitation du cyclage) et nous planifions les contrôles qui maintiennent la performance au fil des saisons.

Sources

Groupement professionnel suisse pour les pompes à chaleur GSP

Office fédéral de l’énergie (OFEN) – Pompes à chaleur

Norme EN 14511 – Mesure des performances

PAC Système-Module – Qualité des installations en Suisse